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La criminalisation honteuse du peuple kurde continue



Les fruits de la soi-disant "ouverture démocratique" à la sauce AKP ont décidément un goût bien amer pour le peuple kurde. Tout cela a commencé avec l'interdiction du DTP, le parti pro-kurde, et la sentence d'inégilibilité prononcée à l'encontre de certains parlementaires et maires de ce parti. Et depuis quelques semaines, tout s'accélère : arrestations en masse de membres du BDP (Parti de la Paix et de la Démocratie) nouvellement créé pour remplacer le DTP, peines de dizaine d'années de prison pour des enfants, dont le seul crime a été de manifester contre la répression de l'Etat turc...

 

            Cette fois-ci, le gouvernement turc et son allié américain ont décidé de demander un petit coup de pouce aux Européens. C'est dans ce cadre qu'après une opération qui avait conduit à l'arrestation de neuf Kurdes la semaine dernière en France et en Italie, s'est déroulée hier, jeudi 4 mars 2010, une attaque de grande envergure contre la représentation démocratique kurde en Belgique.

 

            Dès les premières heures de l'aube, à 5h du matin environ, les perquisitions ont commencé simultanément dans plusieurs villes belges, notamment Bruxelles, Anvers, Charleroi, Verviers et Louvain. En tout, 28 perquisitions ont été menées. Mais c'est Roj TV, la chaîne de télévision kurde, qui a été la cible principale de cette opération. Cela fait des années que le gouvernement turc essaye de faire fermer Roj TV; il avait pour cela d'abord fait pression sur le Danemark, puis sur l'Allemagne, à chaque fois sans résultat.

 

            Trois cent policiers ont été mobilisés pour l'opération contre la télévision kurde, notre "nation in the sky", comme l'appellent les journalistes et techniciens de Roj TV. Six journalistes qui préparaient les programmes du matin ont été retenus toute la matinée à l'intérieur des locaux, tandis que dehors, les personnes venues travailler avaient déposé leurs cartes de presse à terre en signe de protestation. Au cours de la perquisition, des échauffourées ont éclaté entre les Kurdes venus protester face à ces agissements anti-démocratiques et la police.

 

            Lorsque la perquisition s'est terminée, à la nuit tombée, le résultat était accablant : ordinateurs saisis, matériel technique totalement détruit; en tout, les dégâts causés se chiffrent à 1,2 millions d'euros. Les personnes interpellées comptaient elles au nombre de 22, parmi lesquelles Zubeyir Aydar et Remzî Kartal, deux leaders du Kongra-Gel. Six de ces personnes ont finalement été libérées dans la soirée. Quant aux autres, huit d'entre elles ont été relâchées aujourd'hui, et huit autres placées en détention, dont Zubeyir Aydar et Remzî Kartal.

 

            En Turquie, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères, dans une mauvaise passe à cause de la reconnaissance, hier soir, par la Commission des Affaires Etrangères du Congrès américain du génocide arménien, a félicité la Belgique pour cette opération. Le chef du groupe du BDP au parlement, Bengî Yildiz, a d'ailleurs affirmé que ce n'était pas un hasard si ces deux évènements avaient eu lieu le même jour. Comme d'habitude, le gouvernement AKP essaye de détourner l'attention de l'opinion publique turque.

 

            Du côté kurde, Selahettin Demîrtas, le co-président du BDP, avait rendez-vous ce vendredi matin à l'ambassade de Belgique pour demander des explications. Les Kurdes du monde entier ont immédiatement réagi. Dès hier après-midi, une première manifestation a été menée en Suisse, à Berne, et bien sûr en Belgique, devant les locaux de Roj TV perquisitionnés à Denderleeuw. La télévision a quant à elle recommencé à émettre depuis l'extérieur dès 14h, et ce, malgré que les policiers soient encore dans les studios.

 

            Aujourd'hui, des manifestations ont eu lieu en France (à Marseille), en Allemagne à Berlin, mais aussi à Londres, en Finlande et à Chypre. Demain, samedi 6 mars, les Kurdes venus de toute l'Europe sont attendus à Bruxelles, déterminés à protester fermement contre ces atteintes inqualifiables à la liberté de la presse et à la démocratie. Ces principes, défendus de tout temps par les Européens, ne s'appliquent-ils pas aussi aux Kurdes qui vivent sur leur sol ? Faut-il les mettre sous le tapis, lorsque les intérêts économiques vis-à-vis de la Turquie sont en jeu ?

 

            Lors de cette manifestation, les Kurdes de France ne seront pas en reste, beaucoup vont faire le voyage en bus pour se rendre à Bruxelles. Au-delà de ça, et pour que ces opérations anti-démocratiques cessent, en Europe mais aussi en Turquie et au Kurdistan, il devient urgent que les jeunes Kurdes se mobilisent dans la vie politique et associative française, afin d'alerter l'opinion publique, bien silencieuse depuis hier, sur la situation des Kurdes. Les réactions des organismes de défense des droits de l'homme en Europe tardent pour l'instant à venir. L'affaire a cependant eu un certain retentissement en Belgique. Les Kurdes d'Europe aspirent à une vie démocratique et paisible dans les pays qui les ont accueilli, mais désirent aussi que soient respectés leurs droits les plus légitimes et fondamentaux, à savoir l'expression de leur identité kurde, de leur culture et de leurs opinions. A nous de nous exprimer maintenant, pour que ne se réitèrent plus ces opérations liberticides contre notre peuple.

Association de la Jeunesse Kurde ARJÎN

L'équipe Arjîn condamne fermement cette attaque et la position des Etats européens et appelle à manifester samedi 6 mars 2010

Lieu : (ROJ NVF Fabriekstraat 6  9470 Denderleeuw - Belgique)

L'agence de presse FIRAT a publié sur son site un document exceptionnel

De 1999 à nos jours. L'agence de presse kurde Firat a diffusé sur son site internet plusieurs clichés exceptionnels des manifestations contre le complot international du 15 février 1999, date à laquelle le leader kurde Monsieur Abdullah Ocalan a été kidnappé au Kenya. De Paris à Melbourne (Australie) en passant par le Kurdistan, l'Allemagne, la Palestine, les Phillippines, Israël, la Turquie ...

Voici quelques exemples


  
   Phillippines                        Turquie                      France (Paris)

Pour voir les autres photos, cliquez ici.



OFPRA:Turquie pays sûr -CEDH: la Turquie doit retirer la case religion. Micmac!

Je suppose qu'il y a très peu de pays dans le monde où la mention ''religion'' figure sur la carte d'identité nationale.
Je pense que la la Turquie fait partie des rares exceptions. Ce pays considéré comme sûr par l'OFPRA (l'office français de protection des réfugiés et apatrides) qui dépend du ministère de Besson fait apparaître sur ses cartes d'identités une case religion.


 
 
 Rappel : selon l'Ofpra, un pays est considéré comme "sûr" par la France "s'il veille au respect des principes de la liberté, de la démocratie et de l'Etat de droit, ainsi que des droits de l'homme et des libertés fondamentales", précise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Heuuu ? Il y a quelque chose qui cloche non ?

Comment l'OFPRA peut-il prétendre que la Turquie est un pays sûr alors que celui-ci ne respecte même pas les principes de la liberté ? Imaginez un non-croyant. Ou imaginez un non-musulman.
Jusqu'en 2006, il y avait sur toutes les cartes d'identités la mention ''religion : islam'' ! Après 2006, l'Etat a modifié l'obligation de mentionner une religion en ajoutant la possibilité de rajouter une case vierge. 

Nous invitons les membres du conseil d'administration de l'OFPRA à se rendre en Turquie et à constater par eux-mêmes. Comment pouvez-vous parler de liberté sans avoir pris le temps d'observer la carte d'identité que les citoyens portent sur eux ? Ce pays qui se dit laïc ne respectent pas toutes les croyances et ethnies. Quelle est la condition des Kurdes ou des Alévis  qui vivent dans ce pays ? Le gouvernement de l'AKP joue beaucoup avec les mots ces derniers mois en parlant ''d'ouverture kurde'' ou bien ''d'ouverture alévi''. Est-il nécessaire de vous donner quelques exemples pour vous rafraîchir la mémoire ? Ce gouvernement n'a toujours pas reconnu le massacre de Sivas qui a eu lieu en 1993 (37 alévis ont été tués par les flammes). Ces dernières semaines, plus de 1000 responsables (maires, députés, dirigeants ...) et 4000 enfants kurdes ont été arrêtés !
5 partis politiques kurdes ont été interdits en un quart de siècle ! Elle est où la liberté dans tout ca ? On aimerait bien la voir nous aussi mais elle est invisible.


suite...

Vers une dépolitisation progressive des Kurdes

Nous avons le plaisir de vous présenter l'article d'un membre du bureau de  association ARJÎN publié sur le quotidien français l'Humanité. Cet article a été écrit par un jeune de 21 ans. Donc dites-vous bien que tout le monde peut avoir une conscience politique.

La vie politique turque semble traverser les turbulences du processus de la démocratisation. Le gouvernement de l’AKP souhaite être présent sur tous les fronts en vue d’accélérer la mise en œuvre des réformes exigées par l’Union européenne.
suite...

« La « turquisation » n'a pas fonctionné à Dêrsim



A l'est de la Turquie, la rage contre les barrages

La lutte contre l'implantation de huit barrages dans la région de Tunceli s'intensifie de mois en mois. La population, majoritairement kurde, à confession alévi dénonce un « nettoyage culturel et des dégâts majeurs sur l'environnement », « stratégie énergétique », réplique le gouvernement. Les barrages, ici plus qu'ailleurs, font polémiques. Pourquoi ? Regard sur une région unique en Turquie. suite...

Erreur stratégique d'Erdogan ou double jeu de l'AKP ?


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