Le Monde : Kurdistan, la seconde Palestine du Moyen-Orient ?
En pleine crise de la flottille, après l'assaut sanglant mené par les
troupes israéliennes contre un navire turc qui tentait de briser le
blocus imposé aux Palestiniens de Gaza, la question kurde a refait
surface, comme réveillée par l'onde de choc régionale. L'armée turque,
frappée par une attaque du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui
a tué 11 soldats, le 19 juin, a riposté en déclenchant des opérations
aériennes et terrestres dans le sud-est de la Turquie et dans le nord de
l'Irak, où sont retranchés environ 2 000 membres de la guérilla kurde,
fondée par Abdullah Öcalan.
Recep Tayyip Erdoğan, Premier Ministre turc et chef du parti islamiste
AKP, a cherché, en volant au secours du Hamas [1], à faire un
coup politique et à apparaître sur la scène internationale comme le
champion des Droits de l’Homme ; sa participation, via une organisation
islamiste turque [2], à la flottille du mouvement "Free
Palestine" dont l’objectif était de forcer le blocus de la bande Gaza,
visait avant tout à masquer des difficultés provenant, entre autres,
d’une diplomatie hasardeuse et d’une évolution dans l’équilibre des
forces à l’intérieur du pays : les Européens et les Américains viennent
en effet de voter une résolution prônant la dénucléarisation du
Moyen-Orient - qui sonne comme un désaveu de la position turque sur le
dossier nucléaire iranien.
L'Association Arjîn vous souhaite une joyeuse fête de la langue kurde
Document exceptionnel sur la langue kurde. Prenez le temps de lire cet article. Vous allez apprendre plein de choses.
Aujourd'hui, 15 mai 2010, et pour la troisième année consécutive, c'est la fête de la langue kurde, célébrée partout au Kurdistan et dans le monde. Instaurée il y a trois ans par le KNK (Kongreya Neteweyî ya Kurdistanê - Congrès National du Kurdistan), cette fête sera demain l'occasion de grands rassemblements à Amed (Diyarbakir) et dans plusieurs villes du Kurdistan. Afin de marquer le coup à notre manière, et en espérant célébrer cette fête comme il se doit l'année prochaine, voici un petit article sur la langue kurde.
Rennes honore Louis Coquillet, fusillé en 1942 au Mont Valérien
Une plaque a été dévoilée ce samedi 17 avril 2010 à la caserne des pompiers de Rennes, à la mémoire du sapeur-pompier volontaire Louis Coquillet, né d’une famille de cheminots, secrétaire régional des Jeunesses Communistes, et fusillé au Mont Valérien le 17 Avril 1942 ; une rue de Rennes porte son nom depuis 1949.
Résistant dès la première heure, Louis Coquillet participe avec les FTP (Francs Tireurs et Partisans) à de nombreux coups de main sous les ordres du Colonel Fabien (attaque d’une centrale électrique, attaque d’une "Feldgendarmerie", attaque de convois militaires de la Wehrmacht, attentats à la bombe contre un local d’un parti collaborationniste, contre des librairies "collabos", exécution d’un officier ennemi...).
La criminalisation honteuse du peuple kurde continue
Les fruits de la soi-disant
"ouverture démocratique" à la sauce AKP ont décidément un goût bien
amer pour le peuple kurde. Tout cela a commencé avec l'interdiction du DTP, le
parti pro-kurde, et la sentence d'inégilibilité prononcée à l'encontre de
certains parlementaires et maires de ce parti. Et depuis quelques semaines,
tout s'accélère : arrestations en masse de membres du BDP (Parti de la Paix et
de la Démocratie) nouvellement créé pour remplacer le DTP, peines de dizaine
d'années de prison pour des enfants, dont le seul crime a été de manifester
contre la répression de l'Etat turc...
Cette
fois-ci, le gouvernement turc et son allié américain ont décidé de demander un
petit coup de pouce aux Européens. C'est dans ce cadre qu'après une opération
qui avait conduit à l'arrestation de neuf Kurdes la semaine dernière en France
et en Italie, s'est déroulée hier, jeudi 4 mars 2010, une attaque de grande
envergure contre la représentation démocratique kurde en Belgique.
Dès
les premières heures de l'aube, à 5h du matin environ, les perquisitions ont
commencé simultanément dans plusieurs villes belges, notamment Bruxelles,
Anvers, Charleroi, Verviers et Louvain. En tout, 28 perquisitions ont été
menées. Mais c'est Roj TV, la chaîne de télévision kurde, qui a été la cible
principale de cette opération. Cela fait des années que le gouvernement turc
essaye de faire fermer Roj TV; il avait pour cela d'abord fait pression sur le
Danemark, puis sur l'Allemagne, à chaque fois sans résultat.
Trois
cent policiers ont été mobilisés pour l'opération contre la télévision kurde,
notre "nation in the sky", comme l'appellent les journalistes et
techniciens de Roj TV. Six journalistes qui préparaient les programmes du matin
ont été retenus toute la matinée à l'intérieur des locaux, tandis que dehors,
les personnes venues travailler avaient déposé leurs cartes de presse à terre
en signe de protestation. Au cours de la perquisition, des échauffourées ont
éclaté entre les Kurdes venus protester face à ces agissements
anti-démocratiques et la police.
Lorsque
la perquisition s'est terminée, à la nuit tombée, le résultat était accablant :
ordinateurs saisis, matériel technique totalement détruit; en tout, les dégâts
causés se chiffrent à 1,2 millions d'euros. Les personnes interpellées
comptaient elles au nombre de 22, parmi lesquelles Zubeyir Aydar et Remzî
Kartal, deux leaders du Kongra-Gel. Six de ces personnes ont finalement été
libérées dans la soirée. Quant aux autres, huit d'entre elles ont été relâchées
aujourd'hui, et huit autres placées en détention, dont Zubeyir Aydar et Remzî
Kartal.
En
Turquie, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le ministre des Affaires
étrangères, dans une mauvaise passe à cause de la reconnaissance, hier soir,
par la Commission des Affaires Etrangères du Congrès américain du génocide
arménien, a félicité la Belgique pour cette opération. Le chef du groupe du BDP
au parlement, Bengî Yildiz, a d'ailleurs affirmé que ce n'était pas un hasard si
ces deux évènements avaient eu lieu le même jour. Comme d'habitude, le
gouvernement AKP essaye de détourner l'attention de l'opinion publique turque.
Du
côté kurde, Selahettin Demîrtas, le co-président du BDP, avait rendez-vous ce
vendredi matin à l'ambassade de Belgique pour demander des explications. Les
Kurdes du monde entier ont immédiatement réagi. Dès hier après-midi, une
première manifestation a été menée en Suisse, à Berne, et bien sûr en Belgique,
devant les locaux de Roj TV perquisitionnés à Denderleeuw. La télévision a
quant à elle recommencé à émettre depuis l'extérieur dès 14h, et ce, malgré que
les policiers soient encore dans les studios.
Aujourd'hui,
des manifestations ont eu lieu en France (à Marseille), en Allemagne à Berlin,
mais aussi à Londres, en Finlande et à Chypre. Demain, samedi 6 mars, les
Kurdes venus de toute l'Europe sont attendus à Bruxelles, déterminés à
protester fermement contre ces atteintes inqualifiables à la liberté de la
presse et à la démocratie. Ces principes, défendus de tout temps par les
Européens, ne s'appliquent-ils pas aussi aux Kurdes qui vivent sur leur sol ?
Faut-il les mettre sous le tapis, lorsque les intérêts économiques vis-à-vis de
la Turquie sont en jeu ?
Lors
de cette manifestation, les Kurdes de France ne seront pas en reste, beaucoup
vont faire le voyage en bus pour se rendre à Bruxelles. Au-delà de ça, et pour
que ces opérations anti-démocratiques cessent, en Europe mais aussi en Turquie
et au Kurdistan, il devient urgent que les jeunes Kurdes se mobilisent dans la
vie politique et associative française, afin d'alerter l'opinion publique, bien
silencieuse depuis hier, sur la situation des Kurdes. Les réactions des
organismes de défense des droits de l'homme en Europe tardent pour l'instant à venir.
L'affaire a cependant eu un certain retentissement en Belgique. Les Kurdes
d'Europe aspirent à une vie démocratique et paisible dans les pays qui les ont
accueilli, mais désirent aussi que soient respectés leurs droits les plus
légitimes et fondamentaux, à savoir l'expression de leur identité kurde, de
leur culture et de leurs opinions. A nous de nous exprimer maintenant, pour que
ne se réitèrent plus ces opérations liberticides contre notre peuple.
Association de la Jeunesse Kurde ARJÎN
L'équipe Arjîn condamne fermement cette attaque et la position des Etats européens et appelle à manifester samedi 6 mars 2010
Lieu : (ROJ NVF Fabriekstraat 6 9470 Denderleeuw - Belgique)