JOUR 3 : ouverture du procès. Les Italiens démarrent bien la journée



 9h00 - La délégation se rend devant le tribunal de Diyarbakir où les prévenus ont été transférés. La police et la gendarmerie est présente à tous les coins de rue. Les toits ont été pris d'assaut par les snipers. La délégation italienne arrive avec une banderole aux couleurs du Kurdistan (jaune, rouge et vert) sur laquelle est écrit "liberté pour tous'' dans plusieurs langues dont le kurde. Ils chantent en guise de soutien aux prisonniers la célèbre chanson "Ciao bella ciao".
Selahatin Demirtas et Gülten Kisanak (les co-présidents du Parti pour la paix et la démocratie - BDP) sont présents et répondent aux questions des dizaines de chaînes de télévision turques et étrangères dont Kurdistan TV et Al Jazeera.



10h50 - Nous montons dans le bus à étage du BDP, en face de la mairie de Diyarbakir où 2 sculptures de lions ailés à têtes d'homme nous font face. Les Italiens sont toujours là et les slogans se font de plus en plus fort et de plus en plus nombreux : "BIJI SEROK APO"1, "Öcalan, Öcalan ", "gençlik APO'nun fedaisidir",… La population danse et chante en kurde. On nous distille régulièrement des informations du procès et la foule se fait de plus en plus nombreuse.
     


  • 12h15 - Les membres de notre délégation qui sont entrés dans le tribunal (bien après des heures d'attente) nous informe lors de la pause que les procédures sont très longues et que rien n'a encore réellement commencé : les avocats et les détenus se sont tout juste présentés. Les jeunes sont de plus nombreux et scandent des slogans de plus en plus fort. On voit apparaître des affiches d'Ocalan et des drapeaux du PKK. 

  • 13h30 - Les forces de police turques, armées jusqu'aux dents, veulent que la population dégage la rue. Les jeunes kurdes refusent. La délégation française et italienne leur font face en guise de solidarité et de protestation. Sebahat Tuncel et Sirri Sakik (député de Mus - BDP) interviennent pour demander à la police de se retirer. Les tensions se dénouent grâce à eux. Je souhaite faire un rappel même si c'est du HS (hors-sujet), Monsieur Sirri Sakik avait participé à une conférence organisée par l'association Arjîn en mai 2010 à Paris.

  • 16h05 - Devant le tribunal, une mère nous interpelle : "mon fils est un prisonnier politique, on le juge simplement pour ses idées et cela fait 2 ans qu'il est en prison. On attend toujours qu'il passe devant un tribunal". 

  • 17h30 - Gülten Kisanak prend la parole pour expliquer les finalités de cette première journée : les détenus veulent toujours s'exprimer dans leur langue maternelle, et la décision va être donnée demain matin. La foule applaudie sont long discours. 

  • 19h00 - Toutes les délégations étrangères ont rendez-vous au centre culturel CEGERXWIN flambant neuf pour un debriefing fait par Monsieur Demirtas. Celui-ci a expliqué les différentes issues possible à la demande des détenus de parler en kurde, leur langue maternelle. 


  • 20h30 – Fin de la journée, nous nous rendons à nos hôtels. La suite très prochainement sur Jeunessekurde.fr

CORRESPONDANTS ARJÎN pour jeunessekurde.fr Diyarbakir (Amed) 

Lundi 18 octobre 2010
Note:

1. Vive le Président Apo (Abdullah Öcalan)


L'INTEGRALITE DU JOURNAL DE BORD


JOUR 1 - Arrivée
Jour 2 - A la veille du procès
Jour 3 - Ouverture du procès. Les Italiens démarrent bien la journée.
Jour 4 - Le saviez-vous ? En Turquie il est interdit de se défendre dans sa propre langue.
Jour 5 - En route pour Dêrsim ! La ville qui compte un policer par habitant.
Jour 6 - les barrages, les hélicoptères et des soldats partout ! Welcome to Dêrsim
Jour 7 - La Turquie : belle dans la forme mais cruelle dans le fond