A lire ! Corps mutilés, silence intenable.
L’histoire de parents dont le corps de leur fils martyr a été mutilé. Rehma Xwedê li Sipan Amed bi (Özgür Daghan). Suite à la lecture d’un article poignant sur le site firat news, nous écrivons à notre tour en espérant que le message se transmette. Quand un homme se transforme en animal mais qu’aux portes de l’Europe cet animal est vu comme un homme, nous, jeunesse kurde, avons le devoir de parler. Parler non pas pour déranger mais parler pour que justice soit un jour faite.
Peux-tu sentir cette odeur ? Ca pue
la guerre. Les F16 qui volent dans l’air propagent la puanteur d’un
environnement en proie au sang, faisant resurgir la saleté des rues de
la ville de Diyarbakir. Mais la guerre ne se résume pas qu’à ces
monstres qui survolent villages et montagnes. La guerre n’est pas qu’une
puanteur. Elle est aussi ces mots que les plus courageux emploient pour
dénoncer toutes les horreurs.
Özgür Daghan avait 27 ans quand il est mort dans l’un des récents
combats entre le PKK et l’armée turque. Il était le premier enfant de
Gûlîstan et Mehmet. Maintenant il n’est plus qu’une photo pendu au
dessus d’une armoire…
- Ils ne m’ont pas laissé voir le corps, dit Gûlîstan. Mais j’ai vu ce
qu’ils ont fait dans les journaux. Ce jour où j’ai tout vu, j’ai perdu
la vie. Tout le sens que j’en donnais n’en avait en fait plus aucun ce
jour-là. Je ne mange presque plus. Je pense tout de même à mes autres
enfants mais rien ne sera plus comme avant.
Ce qu’elle a vu dans les journaux... Mais qu’a-t-elle vu ? Elle y a vu
le corps de son fils terriblement mutilé après qu’il ait perdu la vie.
Elle y a vu la preuve que l’armée turque est plus que sauvage. Voilà ce
qu’ils lui ont laissé en guise de derniers souvenirs d’un fils pour une
mère.
- Je ne sais pas, dit Gûlîstan, comment un homme est capable de faire cela à un autre homme.
Dans la pièce glaciale, Gûlîstan est assise à côté de son mari Mehmet. A
bout de force, elle lui dit de continuer à raconter. Ce qu’il dira est
consternant. C’est l’histoire d’une brutalité et d’une violence
inhumaine. Mais avant toute chose c’est l’histoire d’un enfant qui a
grandi au Kurdistan sans rester indifférent à ce qui faisait souffrir
son propre peuple :
- Ozgur enfant se souciait beaucoup de ce qu’il se tramait autour de
lui, commença Mehmet. Dès son plus bas âge, il connu la mort d’un
guérilla qui était de notre famille. Son intérêt pour l’histoire du
Kurdistan a augmenté avec la présence de ce martyr. Il étudiait
l’électrotechnique mais ce qu’il lui plaisait réellement était
l’Histoire. Il a lu tout ce qu’il y avait de disponible concernant la
question Kurde. Ensuite, cet enfant grandis pour devenir un jeune homme
qui s’enfermait dans sa chambre avec ses amis. Je savais qu’ils
parlaient du PKK, du combat.
Ozgur a rejoins le PKK a ses 20 ans.
- Nous pouvions le voir encore après qu’il ait joins le parti, continua
Mehmet. Nous sommes allés dans les montagnes et nous y sommes restés 11
jours. Mais il est venu nous voir que le dernier jour de notre passage.
Il nous informait qu’il avait beaucoup de choses à faire et qu’il ne
pouvait être longtemps avec nous.
- Ce fut la dernière fois que nous l’avons vu, finis Gûlîstan.
- Et puis, pendant une période, nous n’avons eu aucune nouvelle de lui.
Seulement des dires indirects grâce auxquelles nous savions qu’il allait
bien, dit Mehmet. Nous savions qu’il n’était pas en Turquie dorénavant
mais probablement en Irak ou en Iran. Avoir un fils dans la guérilla
c’est vivre constamment avec la peur que des mauvaises nouvelles
viennent chambouler votre vie.
Puis, cet horrible jour arriva. Les yeux de cet homme sont peut être
sec aujourd’hui mais son cœur saigne toujours. C’est avec une peine
immense que Mehmet continue son récit :
- Quand mon fils a perdu la vie, je me suis rendu à Trabzon pour
identifier son corps. Trabzon, dans la Mer Noire, est une ville
fasciste. Là-bas, ils n’aiment pas les Kurdes. Ils m’ont montré 10
photos. La première était celle d’un fin et jeune homme. Je leur ai dis
qu’il n’était pas mon fils. Ils m’en ont alors montré une autre. Je ne
pouvais rien distinguer. Puis je l’ai vu. Il y avait du sang sur son
visage, ses cheveux étaient peignés avec soin et il souriait vaguement.
Je leur ais dis qu’il était mon fils. Ensuite, je suis allé à la morgue
pour identifier le corps. Ils me l’ont amené. Son crâne était rétamé et
brûlé. Son corps était complètement noir. Je leur ai dis que je n’étais
pas capable de l’identifier. Alors j’ai parlé à l’homme en charge de
l’identification du corps. Il avait à peu près le même âge que mon fils
et il était très gentil, respectueux. Il m’a montré d’autres photos de
mon Ozgur. Sur celles-là, il était mort mais il n’y avait aucune trace
de brûlures. Il était mort mais son corps était intact. C’est naturel
pour un homme comme lui de mourir dans un combat mais ce qui ne l’est
pas c’est ce qui a suivi sa mort. Je ne sais pas s’ils ont brûlés son
corps avec de l’essence, des produits chimiques ou autres acide du
genre. On ne ferait même pas ça à un animal ! Quand j’ai demandé à
l’homme qui a fait cela, il n’a pas répondu. Il a juste haussé les
épaules comme pour dire « je ne peux pas parler ». Mais Mehmet et Gûlîstan n’acceptent
pas le silence. Ils veulent savoir pourquoi leur fils a été
horriblement mutilé de la sorte. Ils demandent pourquoi l’Europe reste
insensible face à cette brutalité.
- Les journalistes du monde entier, dit Mehmet, doivent dénoncer ce
qu’il se passe en Turquie. Ils devraient faire leur boulot car tous les
jours dans les montagnes, l’armée turque utilise des produits chimiques
sur les corps de nos filles et fils. Ce n’est pas possible que la
communauté internationale ne dise rien face à cela.
A ces paroles, Gûlîstan refoule ces larmes et écoute son mari dire :
- Mon fils n’a pas été dans les montagnes parce qu’il a été victime d’un
lavage de cerveau ou parce qu’il est un imbécile. Notre peuple est
fier. Le peuple Kurde souffre depuis des siècles mais garde sa tête
haute et se bat pour sa dignité, sa liberté. Mon père et avant lui son
père, se sont battus pour la liberté de notre peuple. Et aujourd’hui le
combat continue.
Un silence s’installe dans la pièce. Puis Gûlîstan le rompt en disant : ''ma vie s’est arrêtée le jour où mon fils est mort. Mais je continue pour autant. J’en ai le devoir".
- Note:
- Source : Jin Jiyan Azadî
A lire ! Corps mutilés, silence intenable.
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Roman a écrit le 05.08.2010 19:22
Oui vraiment, ces agissements sont IMPOLITIQUES !! Les conséquences seront Préjudiciable à la Turquie ! C'est son dernier recours, la Turquie est au bord de l'abîme, ce qui est l'Aboutissement LOGIQUE d'un système fondé sur le fascisme.
Qui ne veut pas donner peu, donnera TOUT.
Ce qui conncerne la guérilla kurde, je veux que nos Jeunes cessent de prendre les armes. Ils peuvent s'imposer s'ils font des études, sport.....etc ce qui AURA UNE BEAUCOUP PLUS GRANDE Influence.
Merci pour cet article particulièrement Touchant !!
BRAVO Les Filles : >> <span style="COLOR: #ffffff">Evîn</span> !! <span style="COLOR: #ffffff">Havîn . Hêja . Zana .Evîn .<span style="COLOR: #ffffff"><span style="COLOR: #ffffff">
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