2 juillet 1993 (massacre de Sivas),
17 ans après, les bourreaux sont toujours au pouvoir en Turquie



Qu'est-ce qu'il s'est passé à Sivas en 93 ?


    Vendredi 2 juillet 1993, plusieurs personnalités alévis se rendent à Sivas pour la 16ème édition du festival "Pir Sultan Abdal Kültür". Cet événement était organisé en centre ville dans l'hôtel Madimak. Aziz Nesin, écrivain et humoriste célèbre, était lui aussi présent.


Des cellules extrémistes islamistes proche du gouvernement turc avait préparé le massacre bien avant le jour du festival. Le jour du festival, ils ont fait courir le bruit dans tous les quartiers de la ville en disant que des opposants à la religion islamique se trouvaient en plein centre-ville. Ils réunirent des milliers de personnes et ils allèrent devant l'hôtel avec des barres de fer et des armes. Les artistes et les intellectuels qui étaient à l'intérieur de l'hôtel ont appelé les forces de l'ordre pour qu'elles contiennent la foule mais le gouvernement de l'époque n'a envoyé aucun policier ou gendarme, des vidéos amateurs montrent la passivité des agents de police qui étaient sur place. Par la suite, les extrémistes ont mis le feu à l'hôtel, 35 personnes dont Hasret Gütekin et Mulhis Akarsu ont été tués par les flammes et les fumées toxiques. La police, le préfet, le ministère de l'intérieur turc, le gouvernement de l'époque [...] sont tous complices de cet acte crapuleux !


Après le massacre ?

La plus mauvaise nouvelle dans tout ça, c'est que le lieu a été transformé en restaurant juste après l'incendie ! Ces dernières années, le restaurant est redevenu un hôtel. Plusieurs associations alévis et kurdes réclament la transformation de cet hôtel en un musée de la honte.

Les médias turcs proche du gouvernement mettent en avant les personnalités de l'AKP ou du CHP qui se sont rendus sur place pour soi-disant dénoncer cet acte. Aucune image ou communiqué des associations alévis ont été diffusés sur les chaînes turcs. Par ailleurs, aujourd'hui, des milliers de personnes ont défilé à Sivas pour dénoncer cet acte barbare.

L'association Arjîn condamne cet acte crapuleux et appelle la jeunesse à ne pas oublier cette journée.