xx Vers une dépolitisation progressive des Kurdes
Proposé par Azad le Mardi 26 janvier 2010
Analyse & document Nous avons le plaisir de vous présenter l'article d'un membre du bureau de  association ARJÎN publié sur le quotidien français l'Humanité. Cet article a été écrit par un jeune de 21 ans. Donc dites-vous bien que tout le monde peut avoir une conscience politique.

La vie politique turque semble traverser les turbulences du processus de la démocratisation. Le gouvernement de l’AKP souhaite être présent sur tous les fronts en vue d’accélérer la mise en œuvre des réformes exigées par l’Union européenne.

 

Bénéficiant d’une forte majorité au parlement, le gouvernement actuel semblerait être doté d’un courage exceptionnel. Non seulement, il ose défier le pouvoir militaire mais en plus il s’attaque à la question kurde, un tabou qui hante encore la société turque.

En vue d’une résolution pacifique du problème kurde, le gouvernement de l’AKP met en place certaines réformes telles que le lancement d’une chaine en langue kurde, l’autorisation de l’enseignement de la langue kurde dans le privé…

En parallèle de ces réformes démocratiques, l’AKP mène un véritable travail « d’épuration politique ». L’objectif est d’empêcher les Kurdes de se mobiliser autour d’une force politique kurde.

Après des décennies d’oppression, les Kurdes ont su s’organiser politiquement en vue de revendiquer leurs droits par des moyens pacifiques. Une telle mobilisation a donné lieu à l’émergence d’un parti politique kurde.

Cependant, les autorités turques ne tolèrent aucunement l’existence d’une quelconque organisation politique kurde. L’illustration de cette intolérance est la dissolution récente du parti kurde, DTP. Ne supportant plus le poids politique des députés kurdes au parlement turc, la cour constitutionnelle turque a interdit à deux députés kurdes dont Ahmet Turk, une figure politique kurde très respectée, d’exercer toute activité politique pendant cinq ans. Ainsi, le gouvernement espérait voir la dissolution du groupe parlementaire kurde mais un député de gauche, Ufuk Uras, a accepté d’adhérer au nouveau parti kurde, BDP (Parti de la paix et de la démocratie) pour que le groupe soit maintenu.

L’intolérance du gouvernement de l’AKP envers les acteurs politiques kurdes a finalement débouché sur des arrestations massives qui continuent encore. Ces opérations visent essentiellement à décapiter au niveau local la mobilisation politique. En effet, de nombreux maires et présidents d’associations ont été arrêtés dans des conditions qui rappellent les perquisitions nazies.

Le gouvernement turc doit faire face à la politisation des Kurdes qui continue à prendre une ampleur considérable. En se politisant progressivement, le peuple kurde exige de nouveaux droits, ce qui met en péril l’unité nationale.

L’AKP souhaite dépolitiser les Kurdes pour mettre un terme à leurs revendications croissantes. En emprisonnant leurs représentants, il est plus facile d’affaiblir leur conscience politique et de les obliger à revoir à la baisse leurs revendications.

 

Yigit Weysel

 

Vers une dépolitisation progressive des Kurdes

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  1. ramzi a écrit le 27.01.2010 21:24
    Oui c'est une personne du bureau de l'association Arjîn.
  2. jin-jiyan-azadi a écrit le 27.01.2010 17:06
    L'article est réellement bien écrit et nous donne un point de vue concrèt sur la "politisation" Kurde ou "dépolitisation". COnnaissez-vous personnellement l'auteur de cet article ?
  3. bari a écrit le 26.01.2010 00:35

    Félicitations Weysel,


    Ton article va permettre aux gens de voir plus clair sur la situation actuelle en Turquie: une politique de plus en plus virulente envers les kurdes malgré la soi disante " ouverture démocratique".


    Merci.


  4. ramzi a écrit le 25.01.2010 22:28

    Félicitation à Weysel pour son article!!!


    Tous les jeunes kurde devront s'y mettre.